Pourquoi l’infection à Clostridium difficile se reproduit-elle ?

Clostridium (maintenant appelé Clostridioides) difficile est une bactérie Gram-positive, anaérobie, sporiforme, qui représente plus d’un demi-million d’infections chaque année aux États-Unis1. Près d’un tiers des patients s’améliorent, mais leurs symptômes réapparaissent une morbidité, des dépenses et une perturbation significatives de leur qualité de vie.2 Une maladie récurrente entraîne à son tour la perte de plus de spores dans l’environnement, ce qui peut propager l’infection à d’autres. Les médecins ostéopathes comprennent que les humains possèdent des fonctions d’autorégulation et d’auto-guérison et qu’un traitement rationnel prend en compte les modifications de la structure et des fonctions normales pour restaurer la santé. Le microbiote intestinal humain est un écosystème microbien varié qui guide l’extraction de l’énergie humaine et aide à réguler notre fonction immunitaire innée et adaptative. Des perturbations de la structure microbienne peuvent entraîner la perte de ces fonctions et le développement de maladies humaines. L’Infection à Clostridium difficile est le meilleur exemple de ce processus perturbateur. Il provoque rarement des maladies chez les personnes présentant un microbiote intestinal divers. Cependant, la perte de diversité microbienne due aux antibiotiques, le vieillissement et d’autres facteurs de stress constituent un terrain fertile pour sa croissance et la propagation de la maladie.

Le C difficile existe sous 2 formes: une spore résistante à l’environnement, responsable de la transmission, et une forme végétative, qui produit les toxines responsables de la maladie. Son spectre de maladies va de la colonisation asymptomatique à la diarrhée légère, en passant par la septicémie et la mort. Les traitements antimicrobiens actuellement utilisés contre l’ICD, notamment la vancomycine, la fidaxomicine et le métronidazole par voie orale, éliminent les symptômes en ciblant la forme végétative de l’organisme produisant des toxines dans le côlon. Ces traitements jouent un rôle limité dans la récurrence des CDI. À eux seuls, ils peuvent altérer davantage le microbiote intestinal protecteur. De nouvelles approches, telles que l’utilisation de probiotiques pour reconstituer le microbiote, sont prometteuses.3 Une stratégie de prévention de la CDI récurrente, la transplantation de microbiote fécal, s’est révélée très efficace.4 En transplantant du microbiote fécal de donneur humain en bonne santé dans le côlon d’un patient atteint, Cette technique rétablit la défense de l’hôte contre le C difficile et arrête la récurrence chez la plupart des patients. Mais quel est le mécanisme de cette défense hôte et microbiote? Le corps humain dispose d’au moins 2 défenses contre le C difficile: la réponse immunitaire locale aux toxines et la résistance à la colonisation par le biais de la communauté de microbes qui habitent normalement le côlon humain.